AG CNAOC : Comment réduire l’empreinte carbone de la viticulture?

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COVID oblige, c’est à Paris et non en région que s’est déroulée l’Assemblée Générale annuelle de la CNAOC, en présence physique. Après un échange sur les sujets d’actualités, les participants ont débattu sur le thème de l’empreinte carbone du vignoble avec un objectif : la neutralité carbone d’ici 2050.

Actualités : Zones de Non-Traitement et plan cancer européen au menu 

Parmi les sujets du moment, celui des Zones de Non-Traitement (ZNT) à proximité des habitations. Le Conseil d’Etat dans une décision de juillet 2021 a ordonné au gouvernement de compléter la règlementation sur l’utilisation des produits phytosanitaires à proximité des habitations pour mieux protéger les populations. Le gouvernement doit rendre sa copie en tout début 2022, ce qui inquiète de nombreux viticulteurs. Lors de l’AG, le président de la CNAOC Jérôme Bauer a fait part de la position prise par le Conseil d’Administration : une seule règle au niveau national qui s’applique à tous et par conséquent un refus des chartes locales, l’obligation de prévenir uniquement les riverains qui le demandent et pas de ZNT pour les produits de biocontrôles et le cuivre. Cette position a été transmise par courrier au ministre de l’Agriculture.

Autre source d’inquiétudes : les discussions en cours au Parlement Européen concernant le plan cancer européen. Le 6 décembre, le comité spécial du Parlement Européen sur la lutte contre le cancer (Comité BECA) définira sa position à ce sujet. Un point inquiète particulièrement : la stigmatisation de toute consommation d’alcool dès le premier verre. Alertée par la fédération européenne des vins d’origine EFOW (dont la CNAOC est membre), l’AG était l’occasion de lancer la mobilisation auprès du gouvernement, des députés européens et des parlementaires nationaux pour défendre le modèle de consommation modérée.

Le label bas-carbone : financer des actions de réduction du CO2

Comment la viticulture peut-elle prendre part à l’objectif neutralité carbone de la France en 2050 ? C’est ce qu’on venu expliquer ensuite aux participants Bernard ANGELRAS et Christophe RIOU respectivement président et directeur de l’Institut Français de la Vigne et du vin (IFV), l’institut technique de la filière. Ils ont présenté le label bas-carbone, crée en 2018 par le ministère de la transition écologique, qui permettra de faire financer par des acteurs privés ou publiques via le marché du carbone des projets de réduction d’émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) portés par des viticulteurs.

Si des méthodes sectorielles pour identifier les pratiques qui permettent de réduire l’empreinte carbone ont déjà été adoptées pour l’élevage ou les grandes cultures, pour la filière viticole l’élaboration est en cours. Christophe Riou a présenté plusieurs leviers susceptibles de réduire les émissions de CO2 ou d’en séquestrer dans les sols et la biomasse. Par exemple de nouvelles pratiques d’enherbement, des plantations de haies ou encore la réduction du nombre de passages avec un engin agricole. La méthode sectorielle viticulture devrait être prête à l’utilisation en 2022.

L’éco-conception des emballages, un levier de réduction de l’empreinte carbone

Autre levier pour réduire l’empreinte carbone de la viticulture : agir sur les impacts des emballages qui sont une des principales sources d’émission de CO2 pour la filière viticole. Le comité Champagne (interprofession champenoise) a estimé en 2018 que l’emballage contribuait à hauteur de 32 % à l’empreinte carbone de la filière Champagne, soit la principale source d’émission de CO2. Comment faire pour réduire l’impact de ce poste ? Impossible de se préoccuper uniquement des emballages a répondu la société Adelphe, en charge notamment du recyclage des emballages ménagers des entreprises de la filière viticole. La directrice Sophie Wolff et le responsable vins et spiritueux Mehdi Besbes sont venus présenter un projet pilote mené avec le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) et l’INRAE de Dijon visant à définir une trajectoire globale de réduction de l’empreinte carbone, qui passe notamment par l’éco-conception des emballages mais aussi la réduction des impacts liés à la culture de la vigne. A terme, ce projet doit établir une méthodologie permettant de définir une stratégie de neutralité carbone. Cette méthodologie à ensuite vocation à être diffusée à tous les territoires viticoles qui le souhaitent.    

 

Source : CNAOC