AU COEUR DES ODG #1 : Dans les coulisses de la présidence d’ODG
- Infos CAVB
En Bourgogne, on parle d’ODG presque quotidiennement. Pourtant, on oublie parfois de rappeler ce qu’est réellement un Organisme de Défense et de Gestion et surtout pourquoi il est central dans notre modèle d’appellation.
À travers les regards d’Aurélie Cheveau (Présidente ODG Pouilly-Fuissé), Jean-Michel Chartron (Président ODG Puligny-Montrachet) et Mathieu Woillez (Président ODG Vézelay), trois visions différentes se dessinent mais une même certitude : l’ODG est le pilier de nos appellations.
Défendre l’appellation : une responsabilité collective
Un ODG, c’est d’abord la structure qui porte juridiquement et techniquement l’appellation. « Un ODG, c’est l’organisme de défense et gestion de l’appellation. Ça sert à protéger l’appellation dans tous ses aspects et pour moi, la promouvoir aussi », rappelle Aurélie Cheveau.
Le cœur de cette mission reste le cahier des charges : respect des règles de production, cohérence des pratiques, maintien de l’identité de l’appellation. Jean-Michel Chartron le formule clairement : « L’ODG, c’est un peu le gardien du temple. Il faut veiller à ce que l’ensemble des règles édictées soient respectées par l’ensemble de la collectivité. »
Dans un vignoble comme le nôtre, composé de nombreuses exploitations indépendantes mais réunies sous une même appellation, il est essentiel d’avancer collectivement. L’ODG ne se limite pas à un rôle administratif, il veille à préserver la valeur et la réputation du nom que nous partageons tous.
Le modèle bourguignon : une appellation, un collectif
La particularité de la Bourgogne, c’est que l’appellation appartient aux vignerons qui la font vivre. L’ODG est l’outil qui permet d’organiser et de structurer ce collectif. Pour Mathieu Woillez, « un ODG, c’est ce qui va gérer notre bien commun qui est une appellation ». Un bien commun, donc une responsabilité partagée.
Au-delà du contrôle, il y a la gestion quotidienne : conditions de production, projets techniques, communication, évolutions du cahier des charges, réflexions stratégiques. « Il y a déjà un cahier des charges à respecter. Et puis ensuite, il y a toute une problématique de gestion quotidienne des collectifs de l’appellation », souligne Jean-Michel Chartron.
L’ODG est l’endroit où l’on échange, où l’on partage les points de vue et où l’on prend des décisions ensemble. Conseils d’administration, commissions, groupes de travail : c’est là que se construit concrètement l’avenir de l’appellation.
Une courroie de transmission indispensable
Dans un environnement réglementaire de plus en plus dense, l’ODG joue un rôle stratégique. Jean-Michel Chartron le décrit comme « la courroie de transmission entre l’INAO et le local ». C’est par l’ODG que passent les échanges avec les administrations, les évolutions réglementaires, les discussions techniques. Mathieu Woillez insiste : « Quand on veut s’adresser à une appellation, on sait tout de suite qui on va voir. Les administrations vont voir l’ODG. » et Aurélie Cheveau rappelle également l’enjeu : « C’est un véritable atout collectif. C’est un moyen de faire entendre sa voix et de faire changer les choses. »
Président d’ODG : un rôle clé au service du collectif
Dans beaucoup d’appellations bourguignonnes, le fonctionnement repose encore largement sur le bénévolat. « Nous ne sommes pas dotés de salariés, c’est donc du pur bénévolat », précise Jean-Michel Chartron.
Mathieu Woillez décrit un rôle très opérationnel : « Animer les grandes étapes de l’année, fixer les conditions de production, gérer les projets techniques ou de communication. »
Aurélie Cheveau résume : « Le président est le point central où tout revient. Il est là pour faire avancer l’appellation et veiller à ce que tout fonctionne bien. »
Mais tous rappellent que le président ne doit jamais incarner seul l’ODG. « L’ODG, c’est vraiment un outil indispensable mais il faut que ça reste collectif, et que ce ne soit pas identifié à une seule personne », insiste Aurélie Cheveau. La rotation des responsabilités et l’implication de nouvelles générations sont essentielles à la vitalité du modèle.
Pourquoi s’engager aujourd’hui ?
S’impliquer dans son ODG, ce n’est pas seulement assister à des réunions. C’est participer aux décisions structurantes : évolution des pratiques, adaptations au changement climatique, projets collectifs, positionnement de l’appellation.
« N’importe quel vigneron peut commencer à s’investir sur des projets et ensuite, s’il le souhaite, donner un peu plus de temps à son appellation », rappelle Mathieu Woillez.
Aurélie Cheveau évoque aussi la dimension humaine : « Je suis arrivée avec beaucoup d’appréhension… et aujourd’hui c’est vraiment enrichissant. On fait de très belles rencontres. »
Être président d’un ODG demande du temps et de l’investissement, mais cela permet aussi de mieux connaître son appellation, d’en comprendre les enjeux et de participer activement à son avenir.
Un outil à faire vivre !
En Bourgogne, nos appellations tiennent leur force de l’engagement collectif des vignerons. L’ODG est l’outil qui structure et soutient ce travail commun. Il défend, il gère, il anime, il représente. Mais surtout, il n’existe que par l’engagement des vignerons. Aujourd’hui, face aux nombreux défis, la question n’est plus seulement « à quoi sert un ODG ? », mais plutôt : qui prendra le relais demain pour continuer à faire vivre nos appellations ?